MacDo ou l’expérience de la solitude

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L’expérience McDo 2026 est très différente de années 1990. Ce n’est plus une expérience fastfood, c’est l’expérience d’un achat sur internet.

Tout d’abord, la première chose à faire est le démarrage de la tablette! Quand je dis « tablette », il faut comprendre un écran tactile vertical d’une dimension imposante. Pas sûr qu’il puisse tenir dans mon appartement. Une fois que vous êtes devant, c’est l’expérience utilisateur. Spoiler: c’est pas fait pour commander un menu basique avec un hamburger, des frites et un coca.

Alors si, on peut mais on dirait que l’idée de la machine est de pousser à la consommation. J’avais pensé qu’en cliquant sur le menu, le tunnel de vente (les puristes vont critiquer le terme) serait extrêmement simple mais finalement pas tant que ça. À cause de l’écran gigantesque, on cherche où cliquer. C’est quand même compréhensible avec un peu d’effort. Mais le pire, ce sont les sélections. J’ai voulu éviter le nugget, je pars donc sur bacon. Et, bizarrement, on me demande si je veux une tranche de bacon en plus! Le dernier hamburger bacon (il y a plus de cinq ans) n’avait pas vraiment le goût de bacon (quand on oublie qu’un bacon de fastfood reste un bacon de fastfood, ça arrive). Bref, du coup, j’ai annulé et finalement le nugget…

Après vient le difficile choix de l’accompagnement (des frites). Bien sûr là encore on vous propose des suppléments payants. Et deux types de cornets (inclus eux dans le menu). À priori, c’est le bouton du milieu. Bon, frites c’est fait. 

Boisson: on a du choix. Plus que dans mes souvenirs. Sauf que là surprise. C’est peut-être une nouvelle loi mais si les boissons à l’aspartame sont bien incluses, le coca-cola est taxé à 18 centimes!!! Donc pour lutter contre le sucre, on a décidé de le taxer MAIS pas les boissons sucrées chimiquement avec des produits sur lesquels on a pas de recul ni d’étude pour prouver leur innocuité. Waouh… j’adore cette époque.

Donc comme je suis down, je prends l’option sucre à 18 centimes. C’est pas complètement fini. Il faut aussi choisir ketchup ou mayonnaise (sauce frites ça s’appelle). Parce que ça aussi, c’est plus en libre service on dirait… ah… j’oubliais… le coca avec ou sans glaçons. 

Plus encore l’option dessert. Non ça va j’ai pris sucre avec mon coca. Ça ira…

Et maintenant, le chevalet. Le truc où tu as un numéro pour qu’on te livre à table. Et paiement of course…

Du coup, après, tu vas t’asseoir. Seul. Au sous-sol, nimbée de la lumière artificielle qui donne ce côté glauque auquel tu ne fais même plus attention. Sans avoir adressé la parole à personne. Une fois assis, on te livre (façon Uber eats). Je n’ai pas eu le temps de remercier la serveuse. Sans doute que son temps est compté pour livrer les plateaux. Finalement, j’ai eu droit à ketchup ET sauce frites.

Mon repas: aussi mauvais que prévu. Le hamburger qui part en étages indépendants, la salade qui s’échappe. Mais les frites manquaient de sel. Au moins, quand j’allais au McDo, j’étais sûr d’avoir de la nourriture avec un goût de sel, de sucre, enfin tout ce qui fait qu’on va chercher de la nourriture de mauvaise qualité. L’expérience de la malbouffe. Mais aujourd’hui, même le goût manquait.

Tout comme la serviette. Un supplément sans doute. Je me suis essuyé la bouche avec l’emballage du hamburger qui était propre (si, je le jure). J’ai laissé mes deux sauces au petit couple installé à coté de moi.

Je suis sorti en laissant mon plateau à l’un des employés. Il pensait sans doute que j’allais avoir des difficultés avec le tri. Il a insisté pour s’en charger. 

Prenez garde. Manger en 2026 est devenu la même expérience qu’une commande de papier cul sur Internet.

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